CULTURES FRUITIERES ARBUSTIVES
Dans les montagnes, la pauvreté des sols et leur faible épaisseur, la pente
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Généralités
et une bonne pluviosité (ou les possibilités d'irrigation) en font des régions plus favorables à l'arboriculture qu'aux céréales; d'autant plus que les arbres méditerranéens : oliviers et figuiers, maie aussi abricotiers, amandiers et noyers produisent des fruits essentiels pour l'alimentation beaucoup plus importants que les arbres fruitiers des régions tempérées atlantiques.
L'Olivier est l'arbre de la Kabylie occidentale ; son huile y est presque le seul corps gras utilisé et le principal produit d'échange ; la ration quotidienne du Kabyle est constituée par quelques figues, une galette d'orge et quelques centilitres d'huile d'olive. Le Rif, en particulier dans les Djebala, le Haut Atlas de l'Ouest et les Trara lui consacrent d'importantes surfaces.
Le Figuier est aussi l'arbre de la Kabylie de l'Ouest; on le retrouve dans toutes les montagnes.
L'Amandier est très répandu dans le Rif oriental, déjà aride, et dans l'Anti-Atlas.
L'Abricotier très rustique, mais le plus souvent arrosé, se multiplie dans les jardins des altitudes moyennes de l'Atlas saharien et surtout de l'Aurès.
Le Noyer est l'arbre des hautes vallées du Haut Atlas et de l'Aurès. On ne trouve guère de populations denses de Châtaigniers que dans le massif de l'Edough.
Le Grenadier très résistant, le Pêcher, la Vigne et le Pommier ne jouent qu'un faible rôle dans l'alimentation des montagnards.
Dans les plaines, en dehors des grandes plantations des secteurs irrigués, la définition géographique de la zone arboricole reste peu précise ; une arboriculture diffuse comporte une contribution appréciable aux revenus des exploitations de plaines : les arbres d'alignement le long des chemins, ceux des jardins, voire même des plantations systématiques, mais fantaisistes et dispersées. En réalité, même dans une zone d'élection, il est difficile de concevoir des exploitations entièrement consacrées à l'arboriculture, compte tenu de la topographie ou de la nature physique du sol ou du sous-sol.
Il est un point souvent oublié des planificateurs, parce que sans doute trop simpliste, c'est qu'un arbre ne produit qu'après plusieurs années, qu'il faut créer des pépinières avant de réaliser des plantations, et que plusieurs décennies sont nécessaires pour créer de nouvelles variétés ou même simplement pour étudier l'adaptabilité d'une variété à une région.
La grande expérience des pépiniéristes français et étrangers dans ce domaine, la richesse du matériel végétal proposé et des techniques révolutionnaires de multiplication « in vitro » permettent heureusement de réaliser en quelques années, ce qui naguère ne pouvait l'être qu'en plusieurs générations. Une autre observation peut être formulée, avant d'entreprendre la revue rapide des cultures fruitières arbustives pratiquées dans le Maghreb ; elle concerne l'allure explosive des phénomènes biologiques, lorsque les conditions climatiques s'y prêtent : un arbre peut se développer et se mettre à fruit plus rapidement que dans le Sud-Est méditerranéen de la France, les bois de l'année sont souvent beaucoup plus longs et plus forts, mais les maladies cryptogamiques sont aussi plus catastrophiques et plus difficiles à enrayer. Cette réflexion servirait d'introduction à un ouvrage sur la taille des arbres fruitiers dans la plupart des pays méditerranéens. Parmi les soins culturaux à donner aux vergers, la taille est un art qui s'acquiert avec le temps, par l'étude, l'exercice et l'observation. Elle fait beaucoup plus appel à l'intelligence et à un certain sens de la vie de l'arbre qu'à la mémoire.
Rappelons que les principes de base de la taille varient selon les espèces et les variétés, suivant les étapes de la vie de l'arbre :
- la jeunesse, période de la grande croissance;
- l'âge mûr, époque de la pleine fructification ;
- la vieillesse et la décrépitude ; qui, elles-mêmes, dépendent du sol, du climat et des conditions culturales.
C’est dans les régions montagneuses du Tell à faibles potentialités agricoles que l’on retrouve toute une gamme d’arbres rustiques : Amandier, Figuier, Prunier, Abricotier, Pistachier, Grenadier, Mûrier, Cerisier, Vigne, Cognassier. L’érosion génétique au niveau des espèces est assez importante, C’est aussi le cas de certaines variétés de Pommiers, dans les Aurès, ainsi que de Poiriers à petits fruits colorés aux couleurs de l’arc en ciel et très parfumés, ce sont des fruits qui se raréfient. Les prospections et la constitution de collection n’ont été entreprises que pour le figuier. Le figuier de barbarie (Opuntia ficus indica) est l’une des espèces les mieux adaptées aux conditions édaphiques et climatiques. Cette espèce mérite l’une des attentions les plus particulières compte tenu de ses aptitudes et de ses multiples usages. D’autres espèces comme le Noyer, le Pacanier, l’Avocatier, le Châtaignier, moins répandus mais méritant plus d’égards compte tenu des possibilités favorables à leur développement.
















